mercredi 26 novembre 2008

Soirée Japon du 25 novembre en images - librairie Le Divan

Merci à tous nos invités, venus partager dans une très belle librairie un peu de notre passion pour le Japon.


Un grand merci également à Lydia Gautier, auteur de plusieurs ouvrages sur le thé chez Aubanel, Kaori Endo, auteur de "Une japonaise à Paris", à Alexis Bernier, directeur de la publication du magazine TSUGI, de nous avoir accompagné pour cette soirée japonaise.


Et bien sûr, un immense MERCI à l'équipe du Divan, Charline, Elise, Jacques et Philippe pour leur accueil chaleureux, leur bonne humeur et leur professionalisme.


Kampai ! Le saké et la bière (Asahi ? Kirin ? Sapporo ?) coulent à flot.


A la prochaine ...

dimanche 23 novembre 2008

Une sélection de "vrais" restaurants japonais à Paris

Voici une sélection (amenée à s'enrichir) de restaurants authentiquement japonais à Paris.

Agrandir le plan

vendredi 21 novembre 2008

La photo japonaise contemporaine...et l'eau

Après le thème du "quotidien", continuons notre incursion dans la photographie contemporaine au Japon.
Je vous propose un regroupement thématique qui vaut ce qu'il vaut autour du thème de l'eau.
Le Japon est une île et, même si beaucoup de Japonais n'aiment pas spécialement la baignade, ils peuvent difficilement ignorer la grande bleu.

Tsuda Nao, Ship Shadow of Omi (IV), 2008 © Courtesy Hiromi Yoshii, Tokyo

Ici on a l'eau comme un miroir. Un espace translucide et verdâtre.

Ninagawa Mika, Liquid Dreams, 2003 © Courtesy of Tomio Koyama gallery

Une image très japonaise et très pop. Des couleurs saturées, de petits poissons rouge et une composition presque abstraite. La jeune photographe est très populaire, elle a fait connaître ses œuvres dans des livres qui se sont largement vendus.

Narahashi Asako, Momochi, from the series Half awake and half asleep in the water, 2003 © Courtesy Rose Gallery, Santa Monica

J'aime énormément ce travail où la ville semble surgir de l'eau.

Narahashi Asako, Kawaguchiko, from the series half awake and half asleep in the water, 2003 © Asako Narahashi, courtesy Galerie Priska Pasquer, Köln

Et celui-ci aussi, vraiment extraordinaire. On y retrouve un je-ne-sais-quoi proche des trente six vues du Mont Fuji d'Hokusai. Mais en plus lumineux.

Kajii Syoin, Untitled from the series of NAMI, 2006 Lambda print © Courtesy of the artist and FOIL GALLERY, Tokyo

Là, je ne sais pas si c'est une vraie vague, ou bien, une tempête dans un verre d'eau. La gerbe d'écume est en tout cas spectaculaire.

Asada Nobuo, A place where the sea is, 1997 © The Third Gallery Aya, Osaka

Et pour finir, un vrai morceau de mer.

dimanche 16 novembre 2008

Setonaikai, la mer intérieure japonaise : entre Okayama, Takamatsu et Tomonoura

Située entre Honshu, l'île principale de l'archipel japonais et Shikoku, la plus petite des 4, la mer intérieure ou Setonaikai est parsemée d'ilôts, cônes arides et pentus de terre sur une mer étale.


Ces paysages ont inspiré les poètes et les cinéastes, comme pour le film L'île nue, voir billet précédent.


De nombreux ferries traversent de part en part cette petite mer tranquille. Ce n'est peut-être pas très écologique mais cela vous permet d'admirer les paysages.


C'est comme à la télé, mais c'est vous qui bougez.


Un beau jour de printemps, le ferry était quasiment vide.


Je l'avais emprunté au départ de Takamatsu, la "grande ville" au nord de Shikoku. Elle n'a pas de nombreux attraits, hormis son petit château en bord de port et un beau jardin avec des palmiers - étonnants dans un jardin de style japonais.


Et son grand hôtel, toujours sur le port.


Au départ d'Okayama, on peut rejoindre Takamatsu en train (ou en voiture) en prenant le magnifique pont Seto-Ohashi.


La structure du pont est assez légère et on a l'impression de flotter au-dessus de la mer.


Un peu plus au sud d'Okayama, sur la côte de Honshu, bordand la mer intérieure, se trouve un charmant petit village de pêcheurs : Tomonoura. Le temps s'est arrêté dans ce village. La population est vieillissante. Les jeunes sont partis à la ville.


On peut dormir sur une toute petite île située juste en face du village à 200 mètres : Sensui-jima.
Il y a un onsen traditionnel sur cette île : vous transpirez dans des sortes de saunas chauffés au charbon de bois, puis dans des bains d'eau à 50 degrés avant de vous tremper dans la mer (plus ou moins chaude selon la saison).


C'est l'embarcadère sur l'île de Sensui-jima.


Et une dernière vue typique de la mer intérieure pour terminer.

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Tatamisés, les fous de Japon by François-Xavier ROBERT est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

samedi 15 novembre 2008

La photo japonaise contemporaine...et le quotidien

Paris Photo nous a donné cette année l'opportunité de découvrir la photographie japonaise de ses origines à la fin du XIXème siècle à nos jours avec des photographes contemporains jeunes ou moins jeunes. Voici une première série que j'ai nommée : "photographes contemporains du quotidien".

Les commentaires (plus ou moins inspirés) qui suivent les photos et leur copyright sont libres et de moi - aucun lien avec l'œuvre originale.


Homma Takashi, Untitled, From the séries Tokyo and my Daughter, 2005 © Courtesy Galerie Claud Delank

La mère : "Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir ?"
La fille qui se tait mais qui n'en pense pas moins : "J'sais pas mais j'ai faim, moi !"

Homma Takashi, Untitled, 2005br C-Print, mounted on dibond Courtesy Galerie Claud Delank, Cologne

Du même photographe, un chien après le bain. Au japon, on bichonne son chien et on le baigne une fois tous les deux jours.

Kawauchi Rinko, Untitled, from the series Utatane 2, 2008 © Courtesy of the artist and Foil Gallery, Tokyo

Ces 3 photos sont mes préférées. La série "Utatane" de l'artiste baigne dans une lumière douce, presque irréelle. Utatane traduit en japonais un état de demi-sommeil, de somnolence, de léthargie, de rêve éveillé. Cet état semble effectivement introduire un peu de magie dans des moments d'une grande banalité.

Kawauchi Rinko, Untitled, from the series of Utatane, 2001 © Courtesy of the artist and Foil Gallery, Tokyo

Kawauchi Rinko, Untitled, from the series Utatane, 2001 © Rinko Kawauchi, Courtesy Galerie Priska Pasquer, Köln

Tanaka Asako, blanc(h) handkerchief, 2003 © the artist, courtesy Base Gallery, Tokyo

Quoi de plus anodin qu'un mouchoir blanc ?

Ishiuchi Miyako , Dress, from the series Hiroshima, 2007br 154 x 100 cm Courtesy Zeit Foto Salon, Tokyo

Encore une fois, quoi de plus banal qu'une robe ? Mais cette fois la réponse est beaucoup moins évidente car il s'agit d'une relique provenant du musée de la bombe atomique d'Hiroshima. C'est un objet témoin de l'horreur de la bombe.

Ume Kayo, Ume-me © Courtesy Little More

Cette photo est en fait la couverture du livre de l'artiste paru aux excellentes éditions Little more qui ont également publié un livre que j'adore : Tokyo nobody de Masataka Nakano.
Ici, on voit une petite fille lutter avec un paquet de chips : terrifiant !

Hara Mikiko , Untitled, from the series, Is As It, 1996 Courtesy Rose Gallery, Santa Monica

Et pour finir une scène de plage, ça fait toujours plaisir !

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lundi 10 novembre 2008

元ちとせ Hajime Chitose, une chanteuse JPOP

Hajime Chitose est une jeune chanteuse japonaise qui a commencé sa carrière à la fin des années 90. Elle combine avec élégance les influences de la JPOP, la musique de variété japonaise, et le style vocal particulier à l'archipel des Ryûkyû, archipel de l'extrême sud du Japon dont fait partie l'île d'Okinawa. Elle a un vibrato que je trouve charmant, elle oscille toujours entre les basses et les aigus en restant juste. D'autres chanteuses et chanteurs ont utilisé cette technique ou mixé la musique contemporaine avec des apports traditionnels comme le son du shamisen, sorte de luth japonais ; mais je trouve que c'est elle qui a le mieux réussi l'exercice.



Dans cette version de sa chanson Seirei, l'orchestration est réduite à un ensemble de percussions qui soulignent juste le tempo et accompagnent le chant en live de la chanteuse.



Voici les paroles en romaji (alphabet romain) de la chanson Wadatsumi no ki. Donc si vous jouez la vidéo ci-dessus, vous pouvez vous entrainer au karaoke !

Akaku sabita tsuki no yoru ni
Chiisana fune o ukabemashoo
Usui toomeina kaze wa
Futari o tooku tooku ni nagashimashita
Dokomademo massuguni susunde
Onaji tokoro o guruguru mawatte
Hoshi mo nai kurayami de
Samayou futari ga utau uta
Nami yo moshi kikoerunara
Sukoshi ima koe o hisomete
Watashi no ashi ga umi no soko o toraete
Suna ni fureta koto
Nagai kami wa eda to natte
Yagate ookina hana o tsukemashita
Koko ni iru yo
Anata ga mayowanuyoo ni
Koko ni iruyo
Anata ga sagasanuyoo
Hoshi ni hana wa terasarete
Nobiyuku ki wa mizu no ue
Nami yo moshi kikoeru nara
Sukoshi ima koe o hisomete
Yasashiku yureta minamo ni
Utsuru akai hana no shima
Nami yo moshi kikoeru nara
Sukoshi ima koe o hisomete

(Album Hainumikaze chez Epic Records)



Un dernier aperçu, très JPOP, une romance du nom de Maboroshi no tsuki qui correspond bien au style de la chanteuse.
Et la retranscription des paroles pour les amateurs :

Akai kudamono o gariri to kamimashita
Nureta kuchibiru ga nuranura to hikarimasu

Yawarakai nuno de karada o fukimashita
Koboreru shizuku wa dare no namida deshouka?

Maboroshi no tsuki no kage o bonyari to nagamete imasu
Aragaenu kono omoi ni kokoro wa kusuburimasu

Ame ga furu mae no nioi o kagimashita
Kizukarenu hana ga hitori de saite imasu

Nodo ni nagareru mizu no tsumetasa

Nadarakana saka no ue o karakara to aruite imasu
Kawakanai kami no mamade nanika o samasu youni

Maboroshi no tsuki no kage ga dokomademo tsuite kimasu
Shizumaranu kono omoi ni kokoro mo akaku naru no desu

(Epic records)

dimanche 9 novembre 2008

MOA, Museum Of Art à Atami

Dans un billet plus ancien intitulé La danseuse d'Izu, je vous parlais d'une très jolie balade au départ de Tokyo en logeant la baie par le versant ouest de la péninsule d'Izu. Cette balade commence à Atami, la station balnéaire de la péninsule la plus proche de la capitale. Atami est une ville assez ingrate son magnifique front de mer a été défiguré par des constructions ignobles. L'urbanisme est de "bric et de broc" et on sent bien que c'est toujours le constructeur le plus offrant qui a eu le dernier mot ! Sa plage n'est pas très accueillante.
C'est donc bien la partie haute de la ville qui est la plus intéressante.


Quand vous arrivez en train, la gare est un endroit fort sympathique où l'on trouve de multiples échoppes de souvenirs et de nourritures traditionnelles. De même pour l'artère commerçante recouverte d'un auvent, immédiatement à droite de la gare en descendant vers la mer.
Notre balade d'aujourd'hui commence de l'autre côté de la gare, à flanc de colline. Et ça monte ! Il faut suivre ces drôles de panneaux marron marqués "MOA".


Ou ce panneau "petit train" à la locomotive "MOA".


Au terme d'une grimpette d'une vingtaine de minutes, vous arrivez à un premier pallier où se trouve ce bâtiment blanc néo-quelque chose qui tient à la fois du temple bouddhiste et de la salle de concert.


Continuez un peu à travers des jardins à flanc de colline et vous arrivez à un deuxième pallier avec cette entrée creusée dans la montagne. C'est le point de départ de votre visite du Musée des beaux-arts d'Atami.


De gigantesques escaliers mécaniques vous mènent au bâtiment d'exposition à travers des galeries creusées dans la roche dont l'éclairage varie, créant une lumière assez irréelle.


Ce musée et les collections d'art ancien qu'il abrite est l'oeuvre d'un esthète,
Okada Mokichi, qui voulait oeuvrer pour la préservation du patrimoine artistique japonais et la transmission de cet art aux générations futures. Ci-dessus, vous pouvez voir une reproduction fidèle du pavillon de thé doré de Toyotomi Hideyoshi. Ce grand shôgun l'avait fait construire au 17e siècle. Il était portable et il l'a utilisé à Kyôto.


Voici le bâtiment principal d'exposition.


On y a une vue imprenable sur la mer.


Des peintures, des calligraphies, des sculptures et des poteries anciennes, patiemment récoltées par le fondateur et son équipe, composent l'essentiel des collections.


Attenant au musée, se trouvent deux jardins : un jardin traditionnel dont le principal attrait est le pavillon de thé où vous pouvez déguster un thé vert...

...le voici...


...avec son jardinet...


...et un jardin de bambous pour clore notre visite.

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lundi 3 novembre 2008

TOKYO SONATA - sortie en salle le 25 mars 2009

Dans mon billet du 02 juin dernier, je vous faisais part de mon enthousiasme après avoir vu TOKYO SONATA, le dernier film de Kiyoshi KUROSAWA. Je suis donc très heureux de vous annoncer sa sortie en salle pour le 25 mars 2009.

Pour patienter, voici deux beaux entretiens du réalisateur et de son acteur principal.
Les deux entretiens ci-dessous, l'un de Kiyoshi KUROSAWA et le deuxième de Teruyuki KAGAWA, sont reproduits avec l'aimable autorisation de ARP sélection.

TOKYO SONATA
Kiyoshi KUROSAWA : Réalisateur / Scénario

Ce film met en scène une famille ordinaire dans le Japon contemporain. Je pars d’une situation où les mensonges, le doute et l’incommunabilité se sont installés dans cette famille. Sans aucun doute, ceci est contemporain et ceci est le Japon. Pourtant, je voudrais montrer une lueur d’espoir à la fin. Puis-je faire cela ? Et si j’y arrive, est-ce que cela sauverait une famille ordinaire ?
Je l’ignore.
Et comme je l’ignore, j’ai eu le désir de faire ce film.

Kiyoshi Kurosawa

ENTRETIEN

Vous vous étiez déjà écarté des films d'horreur, avec "Bright future" par exemple. Mais "Tokyo Sonata" marque un changement bien plus profond dans votre filmographie.

J'espère que le public comprendra que ce film est très différent de tous ceux que j'ai réalisés jusque là. Cela fait dix ans que mes films sont montrés à l'étranger. Durant cette décennie, une nouvelle génération de réalisateurs bien plus jeunes que moi ont été découverts. De nouveaux genres de cinéma, comme la nouvelle vague des films d'horreur japonais, sont apparus, et j'ai essayé de rester en phase avec ce qui se passait. Pourtant, je n'ai jamais pu me défaire du sentiment que ces films ne sont que les conséquences de tout ce que nous n'avons pas réussi à accomplir au vingtième siècle. Je me suis dit qu'il était temps que je réfléchisse à ce que représente le cinéma, en me plaçant dans une perspective différente.
Je me demande vraiment quel genre de génération est celle du vingt et unième siècle. Pourquoi ce sentiment de confusion ? Pourquoi est-ce si loin de la vision du futur que nous avions au vingtième siècle ? Qui est responsable de la façon dont les choses ont évolué ? C'est difficile de trouver une réponse. "Tokyo Sonata" est une façon de me forcer à me poser ces questions, et j'espère que ce film marque pour moi un nouveau départ.

Ce titre "Tokyo Sonata" évoque les films d'Ozu, qui parlent également de la famille. Etait-ce une intention délibérée ?

Le titre en lui-même n'a rien à voir avec Ozu. Il a pour référence une sérié télévisée japonaise qui repasse souvent, et qui met en scène le quotidien d'une famille ordinaire. Dans ce sens, le titre va bien avec le sujet. Mais je suis un immense fan de l'oeuvre d’Ozu. Alors, même si ce n'était pas intentionnel, peut-être qu'inconsciemment certaines scènes du film évoquent son cinéma. Je m'en suis rendu compte au fil du tournage. C'est un honneur pour moi que mon film puisse vous évoquer Ozu, mais cela me fait peur aussi…

Vos films sont généralement très allégoriques, et celui là ne faillit pas à cette règle. Dans quelle mesure peut-on dire que cette famille incarne le Japon ?

Avec ce film, j'ai tenté de dessiner le portrait d'un petit drame qu'on peut trouver dans n'importe quelle famille vivant à Tokyo aujourd'hui, et de le faire sans aucune exagération. Mais ces personnages ne sont pas pour autant coupés du reste du monde. Qu'ils en aient ou non conscience ils sont sans cesse soumis aux forces d'un monde qui les dépasse et les malmène. La famille de mon film est directement reliée au Japon, qui lui-même est directement relié au reste du monde. Vaut-il mieux protéger désespérément ce qui existe dans le pays, ou libérer toutes nos forces vers l'extérieur ? Il y a énormément de Japonais qui font face à ces choix chaque jour, c'est pourquoi le vingt et unième siècle est celui de la confusion. Et je suis un de ces japonais, je ressens cette confusion.

Y-a-t-il réellement de nombreux japonais au chômage qui prétendent aller chaque jour travailler ?
Depuis les années quatre vint dix, on sait que ce sentiment de "travail à vie" auquel les Japonais étaient accoutumés appartient désormais au passé. Comment cela a-t-il évolué ?

Je pense que parmi les nombreux cadres qui partent travailler chaque matin, une grande partie d'entre eux est au chômage. Depuis toujours, les pères japonais préservent leur autorité sur leur famille en faisant de leur vie extérieure un mystère que la famille ne doit jamais percer. Pour garder un secret, les Japonais sont imbattables. Continuer à travailler, en cachant vos réelles capacités, est la clé de voute de ce mythe du "travail à vie". Je pense que le principe de stabilité que ces habitudes protègeaient vit ses derniers moments.

Dans le scénario original écrit par Max Manning, l'histoire était focalisée sur le père et son fils. Dans votre adaptation, vous avez renforcé le rôle de la mère, faisant d'elle l'arc émotionnel du film. Pourquoi lui avoir donné cette place proéminente ?
Je voulais que cette famille soit typiquement japonaise : le père, la mère, les deux enfants. Donc il fallait forcément redessiner la mère. Elle est la seule à ne pas sortir de la maison, elle ne connait aucun des conflits avec le monde extérieur que le reste de sa famille affronte chaque jour. C'est à cause de cela qu'elle devient le meilleur symbole de la famille. Si elle est détruite, sa famille est détruite. Si elle renait, sa famille renait.

Est-ce que les sentiments ambivalents et la perte de confiance que le jeune fils ressent envers l'école et ses professeurs (ces piliers de la culture japonaise) symbolisent la naissance d'une nouvelle génération, plus libre d'exprimer ses états d'âme ?

Dans chaque pays, dans chaque génération, les jeunes se rebellent contre les figures d'autorité qu'incarnent l'école et les professeurs. Kenji est un gamin en passe de devenir un jeune homme. Je voulais montrer comment un seul acte de rébellion va l'isoler complètement de la société dans laquelle il vit. Il se sent seul, pour la première fois de sa vie. Ce sentiment ne disparaît pas quand il rentre chez lui, ni quand il s'enfuit. Finalement, la police l'attrape et le traite comme un criminel. C'est sans doute cela, pour un adolescent, devenir adulte…

Le personnage du fils aîné, qu'on voit peu, est le plus politique du film. Une scène de bus fait penser aux films japonais sur la seconde guerre mondiale, avec le fils patriote qui salue sa mère malheureuse de le voir partir au front. Est-ce de votre part un commentaire sur les rapports que le Japon entretient avec les Etats-Unis ?
Plutôt qu'un commentaire personnel, j'y vois la réalité du Japon d'aujourd'hui. S'il était possible à des jeunes Japonais de s'engager aussi facilement dans l'armée américaine que dans le film, je pense que de nombreux Japonais le feraient. Ce n'est pas tant qu'ils aiment la guerre. Mais c'est une façon d'échapper à cette sensation d'étouffement qu'on ressent au Japon, au point que la guerre devienne une option. Le Japon interdit de s'engager, mais du bout des lèvres. Et les jeunes sentent qu'il va bien falloir que les choses changent au Japon. J'ai peur pour mon pays, je le dis du fond du cœur. Mais comme le père du film, je ne sais pas ce que je pourrais dire à ces jeunes pour les convaincre de ne pas partir faire la guerre.

Votre acteur fétiche, Koji Yakusho, tient le rôle peu banal d'un cambrioleur dépressif. Son personnage apporte un humour imprévisible à une situation a priori très tendue.Comment ce rôle a-t-il évolué, compte-tenu de la personnalité de Yakusho ?

Koji Yakusho incarne toujours une sorte de hors la loi dans mes films. Dans cette famille, personne n'a l'étoffe d'un hors la loi. Mais comme je voulais que cette famille connaisse une réelle destruction, dans la seconde partie du film, j'avais besoin qu'un hors la loi surgisse brusquement du monde extérieur. Et cela va comme un gant à Koji Yakusho, je n'aurais pas pu imaginer quelqu'un d'autre dans ce rôle. J'ai eu l'immense chance qu'il accepte un rôle aussi petit avec autant d'enthousiasme. En plus, il s'agissait d'incarner le hors la loi le plus minable de tous mes films ! Ce cambrioleur est plus timide que le père de famille, ou même que son jeune fils. C'est ce qui le rend aussi drôle parfois…
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FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1983 Kandagawa wars

1985 The Excitement of the Do Re Mi Fa girl

1992 The guard from the Underground

1997 Cure1998 License to live (Festival de Berlin)

1999 Charisma (Quinzaine des réalisateurs)

1999 Barren illusions2000 Kaïro2001 Pulse (Un certain regard, Prix de la critique)

2003 Jellyfish (Festival de Cannes, en compétition)

2006 Retribution (Festival de Venise, hors compétition)

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TOKYO SONATA
Teruyuki KAGAWA : acteur

ENTRETIEN

C'est votre deuxième collaboration avec Kurosawa, dix ans plus tard. Sa façon de mettre en scène a-t-elle changé ?

Son style de mise en scène n'a pas changé. Mais il dirige désormais sans avoir besoin de mots. Avant, sa façon de nous diriger était plus concrète, mais cette fois, il a su créer une atmosphère très particulière sur le plateau. Son style est très limpide, mais, plutôt que de parler ou de donner des indications techniques, sa façon d'être suffit à créer un environnement intangible, mais très caractéristique de son cinéma. Quelques soient les acteurs ou les membres de l'équipe, lorsque vous arrivez sur le plateau, vous êtes aussitôt dans un film de Kurosawa.
Il crée un monde qui tourne autour de sa mise en scène. C'est comme s'il y avait d'invisibles rayons infrarouges sur le plateau. Donc, même si vous avez le sentiment d'y évoluer librement, vous êtes en réalité dans les rails qu'il a organisées et installées pour vous. Lors de notre collaboration précédente, il parlait, c'était amusant. Mais c'est la première fois que je découvre la capacité d'un réalisateur à créer sur le plateau un monde qu'on devine et qui nous guide.
Le charisme, la présence de Kurosawa sont incroyables.
J'espère que ce film expliquera à tous pourquoi Kurosawa a tourné des films d'horreur durant dix ans. Même dans ce film, on voit les conséquences du travail qu'il poursuit depuis "Cure". On sent l'horreur qui se cache derrière chaque plan, et quand la caméra panote, on s'attend presque à découvrir une femme détrempée assise dans un coin sombre. Mais, pour la première fois dans ses films, cette femme n'apparaît jamais. Je crois que ses films d'horreur antérieurs étaient une façon de faire exploser les corps, et qu'avec ce film là il nous délivre enfin un coup de point au visage. Et ce fut pour moi une joie miraculeuse que de participer à la délivrance de ce coup de poing.

Vous avez incarné des personnages très peu conventionnels dans plusieurs films. Votre rôle dans "Tokyo Sonata" est sans doute le plus banal que vous ayez jamais joué. Comment ce personnage trouve-t-il sa place dans votre filmographie ?

Comme nous n'avions pas collaboré depuis dix ans, j'avais demandé à Kurosawa quels films je devrais regarder pour me préparer à ce personnage. Il m'a cité "La strada" de Fellini et "Et la vie continue", de Kiarostami, en précisant que ces deux person-nages masculins ressemblaient au mien, à Ryuhei. Ils sont détachés du monde, qu'ils regardent avec une certaine distance. Ryuhei vit à Tokyo, un chinois récupère le travail dont on le prive, il assiste, impuissant, au départ de son fils pour l'Amérique. Il est exactement dans la position qui est celle du Japon aujourd'hui. Le message de Kurosawa est clair : même quand on vit à Tokyo, on est affecté par les mouvements du monde, et c'est important de conserver à tout moment une vision du monde. Ryuhei incarne ce point de vue, et même s'il semble se concentrer sur un point précis, sa vision est plus lointaine, il voit au-delà de son quotidien.

Comment voyez-vous votre personnage ? Vous le trouvez pitoyable ou courageux ?
Il est l'incarnation du Japon. Si vous le trouvez pitoyable, alors le Japon l'est aussi. Sans doute ce pays est-il pitoyable par certains aspects. Dans ce film, Kurosawa montre, d'une façon à la fois cynique et chaleureuse, comment le Japon est vu par le reste du monde. Ryuhei, par exemple, utilise son autorité de père pour mener ses enfants à la baguette, mais à son travail il est quantité négligeable et il ment à celle qui devrait être son égale : sa femme. Le conflit qu'il ressent entre être honnête et être respecté, entre dire la vérité et préserver son image, est un problème typiquement inhérent au Japon, et à travers lui Kurosawa met en scène un personnage qui porte sur les épaules tous les problèmes auxquels le Japon est confronté aujourd'hui. C'est pourquoi je ne veux pas juger mon personnage, car je pense qu'il y a en lui à la fois des côtés pitoyables et des côtés courageux.
Mais ce que j'aime le plus chez lui, c'est qu'il ne meurt pas après avoir été renversé par un camion. Il ne peut pas mourir. Ce qui le fera revivre, c'est la musique. L'art est la seule chose qui puisse nous sauver. La dernière scène est très cinémato-graphique, car il fallait cela pour sauver cette famille. L'art est bien la seule chose qui transcende les frontières et qui soit internationale. Rien d'autre ne sauvera Ryuhei : ni son travail, ni le Japon, ni même l'Amérique. Alors d'où peut venir l'espoir ? Le film répond à cette question avec un message qui explique pourquoi Kurosawa fait des films. Ce récital de piano est un instant crucial, car c'est à ce moment là que Ryuhei renait à la vie, et j'espère qu'on peut dire la même chose du Japon. J'ai joué cette scène en me disant qu'à cet instant précis, Ryuhei incarnait le pays tout entier. Cette scène exprime ce que cela signifie, être un acteur ou un réalisateur au travail dans le Japon d'aujourd'hui, et permet de comprendre ce qui nous pousse à faire des films.

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FILMOGRAPHIE SELECTIVE

2000 Des démons à ma porte (Jiang Wen)

2002 KT (Junji Sakamoto)

2003 Nuan (Huo Jianqi)

2006 The Go Master (Tian Zhuangzhuang)
2007 Sukiyaki Western Django (Takashi Miike)
Copyright © ARP 2008

samedi 1 novembre 2008

Une biblothèque japonaise idéale (et personnelle)

Voici une sélection très subjective et non exhaustive de livres sur le Japon et de livres écrits par des Japonais.

Les
classiques de la littérature

A pied sur le Tokaidô par Jippensha Ikkû
Le Tokaidô, c'est la principale route qui reliait Kyôtô à Tôkyô pendant l'époque Edo. Dans ce roman picaresque, nous suivons l'itinéraire de 2 compères un brin grivois !

Les haiku (haikai pour les puristes) de Matsuo Bashô
Le célèbre moine errant à léguer de nombreux recueils d'haiku, poèmsz de forme courte où se croisent impressions liées au passage du temps, des saisons et sentiments. Il a aussi écrit des carnets de voyage comme La sente étroite du bout du monde - si ce n'est pas un beau titre ça !



Les notes de chevet de Sei Shônagon
Cette dame de cours a inventé un genre littéraire : celui des listes ! Et la poésie de ses listes trouve encore des résonnances dans le monde d'aujourd'hui. Un classique immarscecible
.

Les grands romans du XIXe siècle

Kokoro - Le pauvre coeur des hommes de Natsume Sôseki
Un des plus beaux romans de Sôseki, mon préféré et sans doute le plus proustien avec Sarinagara - Et puis...dans un genre plus léger et du même auteur, je vous recommande également : Je suis un chat et Botchan.

La Sumida par Nagai Kafû
L'entrée du Japon dans la modernité à l'ère Meiji n'a pas plu à tout le monde et certainement pas à l'auteur de la Sumida.

Les grands écrivains du XXème siècle


Le tatouage et L'éloge de l'ombre de Junichirô Tanizaki
Dans Tanizaki, c'est comme dans le cochon : tout est bon ! Je retiens ici une toute petite nouvelle ciselée ou plutôt précise comme la pointe du tatoueur, Le tatouage, qui en peu de mots nous entraine dans le Tokyo des plaisirs et dans une belle histoire de folie et de créature qui se retourne contre son créateur...J'ai cité également L'éloge de l'ombre, un essai qui permet de préciser les goûts et la recherche esthétique de l'auteur ainsi que de mieux comprendre l'art et l'artisanat japonais, même si l'époque à laquelle Tanizaki fait référence est révolue depuis longtemps.

Pélerinage aux trois montagnes par Yukio Mishima
Ce recueil de nouvelles où s'expriment la fraîcheur et les tourments de l'adolescence est une bonne introduction à Mishima. J'ai un petit faible pour ce que l'on pourrait appeler sa trilogie gay (même si j'en suis bien conscient, il n'aurait pas aimé ça) : Les amours interdites, L'école de la chair et Confessions d'un masque.

Kyôto par Yasunari Kawabata


Les écrivains contemporains


Les livres de Haruki Murakami
Est-ce son amour pour la littérature américaine, ou celui qu'il voue au jazz, ou encore la simplicité de son style et l'intemporalité de ses histoires qui nous rendent Haruki Murakami si proche et font de chacun de ses livres de petits succès internationaux ? Je n'ai pas la réponse à cette question mais je me permets de vous conseiller d'abord et avant tout autre de ses ouvrages : Les chroniques de l'oiseau à ressort. C'est vraiment, selon moi, le meilleur de ses livres : on y retrouve tous les ingrédients du style de l'auteur, le fantastique, le quotidien, sa musique si simple et si touchante mais avec une hauteur de vue et une plongée dans l'histoire qui distinguent vraiment ce roman.
Dans un style plus intimiste, je vous recommande : Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil ainsi que La ballade de l'impossible (Norwegian wood en japonais, d'après la chanson des Beatles). Dans une veine plus fantastique : La course au mouton sauvage et Danse, danse, danse qui en est une sorte de suite mais qu'on peut lire indépendamment.

Les bébés de la consigne automatique de Ryû Murakami
Les Murakami se suivent mais ne se ressemblent pas. Ryû est nettement plus désespéré que Haruki. Ses oeuvres sont ancrées dans une culture urbaine, teintée de solitude et de déshérance. Ce qui n'empêche pas aussi des vrais moments de beauté. Le style est fluide et efficace. Du même auteur : Lignes.

Tokyo décibels de Hitonari Tsuji
Autre star de la littérature japonaise d'aujourd'hui, Hitonari Tsuji a de multiples talents de chanteur, acteur...et bien sûr d'écrivain. Il le prouve avec Tokyo décibels, où son anti-héros tente de dresser une carte sonore de la capitale japonaise...tout en essayant d'y voir plus clair dans sa vie sentimentale.


Les polars

La hache, le koto et le chrysanthème de Seishi Yokomizo
Crimes passionnels, crimes de sang, mis en scène par un esthète...une intrigue purement japonaise.

Tokyo express de Seicho Matsumoto
Un classique du genre, best-seller mérité au Japon.

Ikebukuro West Gate Park par Ira Ishida
Le plus jeune (et le plus amateur, le plus intègre, le plus sympa) enquêteur du Japon nous entraine avec lui dans la découverte des bas-fonds du quartier nord de Tokyo, Ikebukuro...haletant. Ce roman a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle.
Deux autres tomes sont sortis en 2009 et 2010 aux éditions Picquier, et toujours aussi bons !

Les mangas "littéraires" (gekiga, drames réalisés sur papier)

L'âme du Kyudô par Hiroshi Hirata
L'un des grands maîtres du manga historique nous livre ici une histoire qu'on ne lache pas avant d'avoir atteint la dernière page. Et pourtant, cela n'était pas gagné d'avance parceque le sujet de départ est une compétition de tir à l'arc au temple Sanjusangendo de Kyôtô. C'est aussi l'histoire héroïque de ceux qui entrèrent dans la compétition et d'un art très japonais.

Tajikarao, l'esprit de mon village par Môri Jimpachi
Une jolie fable écologiste sur un petit village de montagne ancré dans la tradition menacé par des indsutriels mafieux.

Le gourmet solitaire par Jirô Taniguchi
Impossible d'ignorer ou de passer à côté du plus français des mangaka, j'ai nommé maître Taniguchi. On ne recommendera jamais assez son album : Quartier lointain ; mais ici, je vous conseille plutôt les promenades culinaires de son Gourmet solitaire dans Tokyo.

L'homme sans talent de Yoshiharu Tsuge
Le désespour à l'état pur ! Un récit poignant sur un homme pas tout à fait adapté à la société dans laquelle il vit. A découvrir.

Amer béton par Taiyou Matsumoto
L'auteur de Gogo monster livre avec Amer bêton un manga bizarre, mélange de violence et d'absurdité dans un univers urbain et chaotique. Etonnant.


NonNon Bâ par Shigeru MIZUKI
Les excellentes éditions Cornélius, qui ont été primées à Angoulême en 2007 grâce à ce titre, ont eu la bonne idée de nous faire partager cette histoire de vie dans un petit village de campagne, délicatement mâtinée de fantastique. On y croise les yokaï, ces fantômes japonais qui ne sont ni bons, ni mauvais, qui sont ce qu'ils sont. Il faut avoir l'expérience et la sagesse d'une vieille femme pour déjouer leurs tours et vivre en harmonie avec eux et la nature toute entière...

Akira par Katsuhiro Otomo
Néo-Tokyo après le grand cataclysme qui a ravagé la ville...un récit dynamique qu'on se surprend à ne plus pouvoir lâcher.

L'enfer de Yoshihiro Tatsumi
Oui, la vie peut être un enfer. En tout cas, la démonstration en est faite par l'auteur de ces petites chroniques noires comme la suie.

Les écrivains français (ou francophones) et le Japon

Sarinagara par Philippe Forest
Philippe Forest mêle son histoire personnelle, la perte déchirante d'un être chère, à celles de Kobayashi Issa (1763-1827), le dernier des grands maîtres de l'art du haïku, de Natsume Sôseki (1867-1916), l'inventeur du roman japonais moderne, et de Yamata Yosuke (1917-1966), qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki. Un petit bijou !

L'honorable partie de campagne par Thomas Raucat
Tomaro ka ? (On s'arrête ici ?), Thomas Raucat, alias Roger Poidatz, écrivit ce petit roman humoristique au début du siècle dernier à la faveur d'une mission au Japon.

L'oiseau noir dans le soleil levant de Paul Claudel
Claudel, ambassadeur au Japon. A lire notamment pour les pages bouleversantes sur le grand tremblement de terre, suivi du grand incendie, de Tokyo de 1923 : Claudel cherche sa fille dans le paysage d'une ville en flammes...

Les carnets du Japon de Nicolas Bouvier
C'est un vrai régal de se plonger dans Le vide et le plein, dans Chronique japonaise, ou dans d'autres extraits issus des carnets du grand voyageur helvète. La beauté de ses textes n'a rien à envier à la justesse de son regard et à la grande humanité de son approche du voyage au sens noble du terme. Attention livre culte !

Je suis écrivain de François Weyergans
L'auteur fait voyager ses personnages au Japon...Intréssant.

La métaphysique des tubes par Amélie Nothomb
La prime enfance d'Amélie au Japon, le pays des enfants dieux (ça ne s'invente pas !).
Amélie Nothomb est bien plus inspirée pour cette épisode de son histoire personnelle que pour le suivant Stupeur et tremblements, où elle accumule les clichés sans parvenir à être drôle.

Comprendre le Japon
L'empire des signes de Roland Barthes
L'auteur des Mythologies nous livre ses interprétations tout en finesse de menus faits de la culture japonaise. Un "classique" qui fait toujours mouche !

Le Japon des Japonais par Philippe Pons et Pierre-François Souyri Un guide "culturel" ancré dans la vie quotidienne des Japonais qui évite les clichés et donnent des clés de compréhension sur un mode "guide de voyage".

Idées reçues : le Japon par Philippe Pelletier - éditions du Cavalier bleu
Au format "Que sais-je ?", un excellent moyen d'échapper aux clichés véhiculés par nos médias avides d'idées simples.

A Japanese Mirror retitré Behind the Mask: On Sexual Demons- Sacred Mothers- Transvestites- Gangsters- and Other Japanese Cultural Heroes par Ian Buruma
Un livre passionnant - malheureusement pas encore traduit en français - qui à travers l'analyse des "héros" de la culture populaire japonaise nous aide à mieux comprendre nos amis japonais ! Ian Buruma est par ailleurs l'auteur de plusieurs essais qui vise à pourfendre l'Orientalisme (et son pendant l'Occidentalisme), qui continue à faire des ravages par sa vision caricaturale et simplificatrice des cultures orientales.

Le sauvage et l'artifice : les Japonais devant la nature par Augustin Berque
Toute l'ambivalence du rapport des Japonais à la nature, souvent magnifiée et vénérée, souvent massacrée par des projets pharaoniques de développement...décryptée par ce grand géographe.

Le livre du thé de Kakuzô Okakura
"le thé comme art de vivre, art de penser, art d'être au monde" dit la 4ème de couverture de ce merveilleux petit ouvrage écrit il y a déjà plus d'un siècle par un Japonais désireux de faire comprendre sa culture aux occidentaux. Pari réussi !

Tokyo memories par Muriel Jolivet (et ses étudiants)
"Au Japon, le golf est un passe-temps très populaire. Il n'est pas rare qu'un homme retourne brusquement son parapluie sur un qui de métro, pour se mettre à faire du golf. Beaucoup de pères aiments se retrouver le week-end sur un green avec leurs collègues. Ce sport leur fournit sans doute l'occasion de fuir la dure réalité." Ce livre est une collection de petits instantanés comme celui-ci. On y apprend beaucoup de choses simplement en lisant ces petits moments de vie glanés au hasard et en version originale par les étudiants japonais de l'auteur, professeur de sociologie à Tokyo.

Le chrysanthème et le sabre de Ruth Benedict
Cette étude de la socilogue américaine Ruth Benedict a été réalisée à distance aux Etats-Unis à partir d'interviews de Japonais réfugiés (ou prisonniers) et d'archives pendant la seconde guerre mondiale. Elle continue à faire référence et à beaucoup influencer notre regard sur les Japonais.

L'abécédaire du Japon par Takashi Moriyama
Contrairement à l'ouvrage précédent, en voici un écrit "de l'intérieur" par un Japonais, haut fonctionnaire international à la parole libre et au style incisif. Un vrai régal pour connaisseur.

Voyager au Japon

Le Rough guide Japan

Et bien sûr, les guides Osaka et Kyoto, Nara : une expérience japonaise et Tokyo itinéraires de Cécile Parisot et François-Xavier Robert


Beaux-livres : photographies, livres d'art...
Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu illustré par la peinture traditionnelle japonais aux éditions Diane de Selliers.
1008-2008 : Un travail impressionnant réalisé pour le millième anniversaire de ce grand classique.

(Les illustrations des couvertures des ouvrages sont reproduites avec l'aimable autorisation des éditeurs : éditions Philippe Picquier ; éditions Gallimard avec ses collections Folio, NRF, Connaissance de l'Orient en partenariat avec l'UNESCO ; éditions Liana Lévi ; éditions Hoëbeke ; éditions Points Seuil ; éditions Albin Michel ; Le cavalier bleu ; éditions Cornélius ; éditions Tonkam ; éditions Naïve ; éditions Delcourt ; Ego comme X ; Le livre de poche ; Antipodes ; éditions Glénat...to be continued)

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Tatamisés, les fous de Japon by François-Xavier ROBERT est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.