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dimanche 15 juin 2008

Les jardins de Kyoto, Richard Serra et l'art contemporain

Tout d'abord, contrairement à ce que le titre de ce message pourrait faire croire, les 4 photos du temple zen ci-dessous n'on pas été prises à Kyoto. Elles proviennent du Raikyû-ji dans la partie ancienne de Takahashi aux pieds des collines que sillonne la rivière Bitchû à 40 km d'Okayama.


Le jardin zen, de type "jardin sec" que ce temple abrite a été créé au tout début du XVIIème siècle et n'a pas été transformé depuis. Sa beauté, simple et structurée, possède une qualité très actuelle.


On y retrouve des éléments caractéristiques tels que les grosses roches, les buissons et les lampes de pierre qui rythment l'espace.


On a souvent comparé les jardins zen à des sortes de "paysages mentaux". Qu'une promenade nous permettent de serpenter en son sein, ou, que son observation ne soit possible que depuis l'espace surélevé qui circonscrit les pièces du temple donnant sur le jardin, le jardin zen est un jardin purement ornementale. On ne s'en sert pas. On l'observe en en faisant le tour, ou en suivant un itinéraire précis. On s'y projète comme dans un tableau en 3 dimensions tout en gardant ses distances.


Au printemps 1970, lors d'un séjour à Kyôto, Richard Serra, sculpteur contemporain (créateur de "Clara Clara", actuellement exposée au jardin des Tuileries à Paris, ou de la "Promenade" de la Monumenta 2008 du Grand-Palais, cf. ci-dessous) découvre le jardin zen du Taizô-in, au cœur du vaste ensemble de temples de Myôshin-ji.

L'auteur de cette photo est Palagret : http://archeologue.over-blog.com/article-19749679.html

Cette rencontre avec ce jardin zen particulier aux promenades circulaires a été déterminante dans l'évolution de son travail. Il a décidé à cette époque de s'intéresser aux rapports qu'entretient une oeuvre (une sculpture) avec son environnement et a imaginé des oeuvres où l'objet n'est là que pour créer une relation avec vous et le "contexte" - la pièce du musée, la rue - où il se trouve. L'oeuvre d'art est dans l'expérience vécue au cours de votre "promenade" autour de l'objet, en l'occurence des plaques d'acier plus ou moins courbées, plus ou moins massives. De même que le paysage du jardin zen était dans votre façon de le regarder, dans l'angle que vous en aviez...

L'auteur de cette photo est Palagret : http://archeologue.over-blog.com/article-18679807.html
...de même l'oeuvre d'art se construit dans le rapport et l'expérience que vous entretenez et vivez avec elle.
Tatamisés, les fous de Japon by François-Xavier ROBERT est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

mercredi 28 mai 2008

Vert est le secret le mieux gardé de Tokyo


Vert est le pannonceau qui vous y mena.


Verts les arceaux qui vous protégeaient des voitures.


Verte la haie du jardin d'enfant.

Verts le jardin du Musée Teien et du Parc National pour l'étude de la nature, que vous croisâtes sur votre itinéraire au départ de la gare d'Ebisu.


Vert parsemé de tâches roses et blanches aux abords du parking.

Vert le bus qui draine les convives. De nombreux couples s'y marient.

Verte la promenade qui part de l'entrée principale.

Vert le plan qui guida vos pas.

Vert, vert, vert

Romance somnambule

Vert et je te veux vert.

Vent vert. Vertes branches.

Le bateau sur la mer,

le cheval dans la montagne.

L'ombre autour de la ceinture,

elle rêve à son balcon,

chair verte, verts cheveux

avec des yeux d'argent froid.

Vert et je te veux vert.

Dessous la lune gitane,

toutes les choses la regardent

mais elle ne peut pas les voir.

...

Federico García Lorca (1898-1936)

Poème du chant profond / Traduction de Claude Esteban


Le Happoen, le jardin des 8 vues, beau sous tous les angles, est un écrin de verdure entouré d'immeubles huppés du quartier de Shiroganedai et d'une grande salle de réception complétée d'une chapelle pour mariage éclair.



Un ami japonais m'expliquait que les vieilles dames "chic" affectionnent particulièremet le quartier des Shiroganedai. On les appelle les "Shiroganese" comme il y a les "Milanese" en d'autres lieux.

J'aimerais être parfois Shiroganese pour avoir le privilège de me reposer tranquillement installé dans un petit pavillon de thé.


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