77 : le 7e jour du 7e mois du calendrier lunaire a lieu une fête
importante en Chine et au Japon. Les histoires diffèrent quelque peu
mais cela revient a une sorte de "Saint Valentin" asiatique. En Chine, elle est connue et célébrée sous le
nom de Festival de Qixi ou "Fête des pies". La légende raconte qu'en
des temps immémoriaux, un jeune bouvier, Niúláng, tomba amoureux d'une
belle et jeune fée, Zhīnǚ. Amour contrarié et rendu compliqué par une
déesse...Mais une fois par an, les pies forment un pont qui permet aux
amoureux de se retrouver, le 7e jour du 7e mois, bien sûr ! Au
Japon, c'est le jour de Tanabata. Les Japonais érigent des bambous ornés
de guirlandes de papier. Ici, ce sont deux étoiles, Orihime (étoile de
Véga) et Hikoboshi (étoile d’Altaïr) qui sont également amoureuses mais
séparées par la voie lactée...
Je connaissais vaguement de nom Dazai Osamu, auteur japonais mort à 39 ans - trois ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Je l'ai donc découvert avec bonheur le week-end dernier en lisant le recueil de nouvelles Cent vues du mont Fuji, paru aux éditions Picquier poche.
C'est un auteur important au Japon et on comprend pourquoi en lisant ses textes à la fois incisifs, désabusés, empreints d'une certaine poésie mélancolique du quotidien. Ils sont largement autobiographiques mais possèdent une résonance universelle, l'auteur n'est pas d'hier, il nous parle comme au creux de l'oreille.
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer ici des citations prises un peu au hasard, qui pourront paraître surprenantes hors contexte mais qui vous donneront peut-être envie d'en lire plus.
"Le spectacle du Fuji, tel qu'on peut le voir de la fenêtre d'un appartement tokyoïte, n'a rien de réjouissant. En hiver, on voit très bien le Fuji. Ce petit triangle tout blanc, là-bas, à l'horizon : c'est lui ! Ce n'est pas grand-chose : une sorte de gateau de Noël ! Il penche dangereusement du côté gauche : on dirait un navire de guerre qui aurait été touché, et dont la poupe commencerait à s'enfoncer dans la mer."
J'aime beaucoup ce passage car il prend à rebours le cliché sur la beauté du mont Fuji et les "vues" de Dazai ne sont pas tout à fait les mêmes que celles du grand peintre Hiroshige.
"J'aurais bien voulu la saluer et lui dire : "Excusez-moi, je ne vous avais pas reconnue ; mais c'est que vos seins me sont plus familiers que votre visage." Je la voyais tout habillée, mais je connaissais chaque détail de son merveilleux corps ; à cette pensée, je me sentis rempli de joie."
Ici, l'auteur est ému par une jeune fille croisée aux bains et qu'il retrouve par hasard dans la boutique d'un coiffeur.
"Le soir, je m'étais enfermé dans ma chambre et, en cachette, j'avais déplié la carte. Du rouge, du vert, du jaune : quel beau tableau c'était ! Retenant mon souffle, je ne pouvais que l'observer avec passion. La Sumida. Asakusa. Ushigome. Akasaka. Rien ne manquait ! A tout moment, si j'en avais envie, je pouvais me transporter dans n'importe lequel de ces endroits. C'était magique !"
Je partage son enthousiasme. Il avait honte de s'avouer provincial en achetant une carte de Tokyo, mais voilà toute honte bue : une fois la carte ouverte, le grand voyage commence.
"Mais bientôt, j'eus besoin de ce médicament non pour soulager mon corps, mais pour surmonter ma honte et vaincre mon impatience. Je n'avais pas la force de faire face à la misère de mon âme."
L'auteur s'est suicidé. Il a vécu toute sa vie comme une malédiction le fait d'être né dans une "grande famille" du nord de Honshu. Il a beaucoup bu, s'est drogué. Toute proportion gardée et toute comparaison n'étant pas raison, il me fait penser à notre Françoise Sagan ou à Bukowski...Mais encore une fois, il s'en distingue aussi pas mal.
"Saison des pluies à Totsuka. Crépuscule sur Hongô. Fête à Kanda. Première neige sur Kashiwagi. Feux d'artifice à Hatchôbori. Pleine lune à Shiba. Cosmos à Itabashi, dans le jardin de l'hôpital psychiatrique. Brume matinale à Ogikubo. Coucher de soleil sur Musashino. Les souvenirs sont autant de sombres fleurs qu'emporte une danse allègre et qui se dérobent à toute classification. Je songeai qu'il n'était guère sensé de vouloir, à toute force, les enfermer dans huit tableaux."
Là, on trouve des accents proustiens. J'adore la litanie des souvenirs.
"Ma lutte. Pour la définir d'un mot, ce fut toujours la lutte contre l'ordre ancien. La lutte contre les attitudes affectées et conventionnelles. La lutte contre le mensonge des apparences. La lutte contre la petitesse et contre les petits esprits."
Je terminerai par cette citation. Où l'on comprend aisément qu'il ne s'est pas fait que des amis...
Bienvenue à Sanukiya ! En revanche, évitez la cuisine pseudo branchée Japon, trop chère et mauvaise des deux restaurants Nanashi (un dans le Marais, et l'autre dans le 9e).
Bonjour à tous, voici grâce à la compagnie nationale de chemin de fer JR East, un calendrier très utile pour prévoir vos visites en fonction des dates des festivals. C'est vrai qu'ils font partie de la "richesse" du Japon en été et permettent de découvrir des aspects traditionnels de l'archipel. Ce calendrier se concentre sur la partie est de l'île principale de Honshu.
Ryoko Sekiguchi est écrivain et traductrice. Elle manie à la perfection le français et le japonais (enfin pour cette dernière langue, je suis un piètre juge, mais je me fie plutôt à...une intuition :). Dans un précédent ouvrage Manger fantôme, elle nous invitait à goûter à la brume, à savourer les nuages et à se délecter des choses transparentes...au risque de devenir soi-même évanescent.
Dans L'astringent, un petit ouvrage tout en équilibre (90g pour 90 pages) paru aux éditions Argol, Sekiguchi-San nous ouvre de nouveaux territoires inconnus. L'astringent n'est, en effet selon elle, pas seulement cette sensation qui vous envahit quand vous croquez dans un kaki pas mûr ou quand vous dégustez un thé bien épais ou un vin riche en tannins. Ce n'est pas seulement cette sensation qui rend votre bouche, votre palais et votre estomac pâteux comme si vos tissus se contractaient ou comme s'ils étaient subitement tapissés par un film léger et organique. Non, dans la culture japonaise, la sensation a opéré par translation, transposition et proximité dans d'autres domaines : comme la mode, par exemple. La faute à qui ? La faute au kaki ! Ce fruit tellement japonais était utilisé pour son caractère astringent à la fois en cuisine, mais aussi pour rendre la colle plus collante ou le papier des éventails plus solide. Ces nombreuses utilisations ont favorisé le glissement de la bouche vers les yeux, du goût vers l'apparence : vers une esthétique caractérisée par un travail long et attentif, un style discret et élégant, loin de l'exubérance des formes et des couleurs criardes.
Ce style c'est le "shibumi". Cette attention portée à la sobriété, au travail bien fait et à l'élégance m'a fait pensé au célèbre essai de Junichirô Tanizaki, L'éloge de l'ombre, dans lequel l'auteur insistait sur la beauté des objets artisanaux patinés par le temps et magnifié par la pénombre. Les deux auteurs font d'ailleurs référence à un autre concept bien japonais : le "wabi sabi" qui, dans la beauté et la poésie, serait cet intérêt porté à l'impermanence des choses.
Ni amer, ni âpre, l'astringent est un monde en soi. A découvrir grâce à la précision et à la finesse de Ryoko Sekiguchi.
Bonjour, vous pouvez découvrir des photos originales sur Kyôto et sa région et des infos diverses sur la page Facebook Kyôto itinéraires. N'hésitez pas à la rejoinde :)
Nara et sa région sont filmés à la perfection dans le film de Naomi Kawase pour une histoire d'amour universelle qui se déroule à travers les âges. En japonais, le titre est Hanezu no tsuki : la lune pourpre. Le Mont Unabi aimait le Mont Kagu. Il avait pour rival amoureux le Mont Miminashi. J'ai essayé de localiser les trois montagnes qui apparaissent dans le mythe qui parcourt le film (si quelqu'un a plus d'infos je suis preneur) !
Voici deux sites qui donnent envie de voyager juste pour goûter aux merveilleux plats qu'ils présentent. Le premier se concentre sur les délices culinaires de Kyôto : http://kyotofoodie.com Et l'autre sur ceux de la capitale et des restaurants de Tôkyô : http://foodfile.typepad.com
Ces photos, tirées au format 18*24 cm et collées sur plaque aluminium, peuvent tourner si vous souhaitez organiser une exposition sur le Japon. Il suffit de demander :)
On pouvait voir 7 films japonais au dernier festival international du film de Locarno. Mais grrrarrrourd, aucun n'a eu de léopard au bord du lac Majeur.
Trois films d'Hitoshi Matsumoto étaient présentés : Dai Nipponjin - 2007, Shinboru - 2009 et son dernier film Saya Zamurai, le samouraï désarmé (sans sabre)- 2011. Présentateur et producteur d'émissions de divertissement (assez débiles), très populaire au Japon, Matsumoto est aussi un cinéaste à la poésie bizarre et parfois agaçante. Il a un parcours à la Kitano, mais ces films sont très différents. J'avais détesté Shinboru - symbole, il y a deux ans, film d'une lourdeur et d'un ennui...Même pas drôle ! En revanche, j'avoue avoir bien rit avec son dernier opus, le Saya Zamurai. Bon, ne cherchez pas trop loin, le bonhomme ne fait pas dans la finesse, mais plutôt dans le gros gag et le comique de répétition. Ça peut dérouter. L'acteur principal n'est pas un pro, c'est une "gueule". La petite histoire raconte qu'il a tourné les premières scènes du film, sans même savoir que c'était pour un film...ça en dit long sur la méthode. La preuve en images :
Dans un genre très différent, j'ai bien aimé Ninifuni de Tetsuya Mariko moyen métrage de 42 min. C'est un très jeune cinéaste et il s'agit de son deuxième ou troisième film. Ici pas d'exubérance, caméra au poing on film les acteurs au plus prés. Au milieu du film, il y a comme une rupture de style qui en fait tout l'intérêt.
Mon super favori, c'est Saudade de Katsuya Tomita - 2011 plus de deux heures. Un film incroyable qui se passe à Yamanashi dans les communautés de travailleurs du bâtiment, des rappeurs japonais, des immigrés thaïlandais et brésiliens. Comment vivre ensemble dans une ville de province en crise. Le sujet peut sembler austère mais le résultat est passionnant. L'équipe du film est composée d'amateurs, de pro et de semi-pro, tous unis dans leur amour du cinéma et par leur ancrage local dans Yamanashi. Malgré des moyens très maigres le résultat est très pro. L'image est belle. Les dialogues sonnent juste. C'est bien joué. C'est TOP !
Il n'y avait pas que des œuvres de fiction mais aussi des documentaires dont Sketches of Myahk de Koichi Onishi. Ce docu explore la musique des îles Miyakojima - péninsule des Ryukyu près d'Okinawa. Les chants d'origine populaire (travail des champs) et religieuse (chamanisme et culte locaux) se transmettent oralement surtout entre femmes. On suit des mémés et des pépés centenaires qui nous enseignent leurs traditions. C'est assez touchant.
Et pour finir, la grande déception du festival : Tokyo Koen de Shinji Aoyama. J'aime beaucoup le travail de ce cinéaste ; mais là j'ai vu un long, long, très long "dorama", soap opéra à la japonaise, pas très bien joué, cucul la praline, avec un bel acteur talento inexpressif à souhait et des relations bêtement compliquées...Bref, bon, heu, un ratage à mon humble avis. Dommage, parce qu'il y avait matière à faire un beau film avec cette histoire !
Kyôto est entourée de collines. Au nord-ouest notamment, se situe le mont Takao.
Et sur ce mont Takao, se trouve un temple : le Jingo-ji.
Il est composé de plusieurs corps de bâtiments.
Celui-ci de facture très sobre, ressemble tout à fait à un grenier à riz.
Une tradition originale y existe : vous achetez un de ces disques d'argile, kawarake, pour...
...le jeter du haut de la falaise !
Nature et culture, la lanterne de pierre dressée comme un arbre.
Magnifiques couleurs de l'été qui s'achève.
Toutes ces photos sont originales et viennent compléter les commentaires, adresses et conseils du guide Kyôto itinéraires. Vous pouvez ici découvrir Kyôto :
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